Regards d’Ailleurs https://www.regardsdailleurs.fr L'exposition photo qui vous emmène en contrée lointaine. Tue, 11 Jul 2017 18:46:43 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.0.3 https://www.regardsdailleurs.fr/wp-content/uploads/2016/10/cropped-rafav-50x50.png Regards d’Ailleurs https://www.regardsdailleurs.fr 32 32 Komorebi, la marque qui oeuvre pour l’éducation des enfants défavorisés https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/komorebi/ https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/komorebi/#respond Mon, 14 Nov 2016 14:10:10 +0000 https://regardsdailleurs.fr/?p=1685 Together we can make the world a better place ! Souhaitant nous enrichir et partager nos valeurs avec le plus grand nombre, nous sommes friands de partenariats avec d’autres artistes, marques,...

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Together we can make the world a better place !

Souhaitant nous enrichir et partager nos valeurs avec le plus grand nombre, nous sommes friands de partenariats avec d’autres artistes, marques, associations et entités en tout genre. Une unique condition: que notre partenariat permette d’éveiller les consciences sur les besoins environnementaux ou humains de notre planète. C’est dans ce cadre là que nous avons décidé de nous associer avec Komorebi pour un évènement éphémère.

komorebi

Qui est Komorebi ?

Komorebi est un mot japonais, utilisé pour désigner la lumière du soleil qui passe à travers les feuilles des arbres.

Crée par Valentin et Julien, deux jeunes passionnés de voyages, la marque à l’esprit baroudeur produit des T-shirts éco-responsables à dimension éducative. Chacun de leur produit arbore un drapeau qui se charge de nous éduquer en mettant en avant sa signification inspirante et riche en histoire. La marque oeuvre par ailleurs sur le plan social en venant en aide aux enfants défavorisés d’Inde en leur fournissant un accès à l’éducation et aux soins médicaux.

komorebi atelierKomorebi travaille avec un atelier situé à Mumbai, qui met en avant le savoir faire artisanal local.

Komorebi x Regards d’Ailleurs

Nous exposerons quelques uns de nos clichés ainsi que notre livre au showroom de Komorebi les weekends du 19/20 et 26/27 novembre de 12h à 18h. N’hésitez pas à passer pour voyager, échanger et découvrir l’univers de Komorebi et Regards d’Ailleurs. Un vernissage aura lieu le vendredi 18 novembre à partir de 18 heures.

L’évènement Facebook, c’est par ici !

Adresse : 88 rue Saint-Louis-en-l’Île, 75004 Paris.

tirage photo namaste chez les tsumbas du nepal

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Before The Flood https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/before-the-flood-documentaire/ https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/before-the-flood-documentaire/#respond Sat, 05 Nov 2016 15:26:44 +0000 https://regardsdailleurs.fr/?p=1638 Produit par l’acteur activiste écologique Leonardo DiCaprio, le documentaire Before the Flood (Avant le Déluge) est en accès gratuit sur toutes les plateformes de streaming jusqu’à demain soir, 6 novembre....

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Produit par l’acteur activiste écologique Leonardo DiCaprio, le documentaire Before the Flood (Avant le Déluge) est en accès gratuit sur toutes les plateformes de streaming jusqu’à demain soir, 6 novembre. Diffusé dans 171 pays avec 45 langues disponibles en sous-titres, Before the Flood a pour ambition d’informer à grande échelle sur l’urgence d’agir contre le réchauffement climatique qui menace notre planète.

Trailer de Before The Flood, le film intégral en fin d’article.

Ce documentaire très pédagogique, réalisé par Fisher Stevens, distribué par National Geographic et porté par les images somptueuses de Yann Arthus Bertrand, suit Leonardo DiCaprio, nommé « Messager de la Paix » par l’ONU, à la rencontre de ceux et celles qui mettent en place des initiatives économiques, politiques, énergétiques et sociales pour un développement durable et respectueux notre Terre.

Un an après les accords signés à Paris de la COP21 et à quelques jours de l’élection américaine (avec pour la première fois un candidat ouvertement climatosceptique), ce documentaire porte un message positif et essentiel : bien que la situation soit critique, Before the Flood nous rappelle à tous que nous pouvons agir pour notre futur.

Pour en savoir plus, National Geographic propose de nombreuses ressources sur le projet, ou regardez le Film en entier directement depuis notre article :

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Sierra Leone’s Refugee All Stars https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/sierra-leones-refugee-all-stars/ https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/sierra-leones-refugee-all-stars/#respond Tue, 01 Nov 2016 13:46:59 +0000 https://regardsdailleurs.fr/?p=1593 “Du camp de réfugiés où ils se sont rencontrés aux plus grandes scènes internationales, depuis plus de 10 ans, ils inspirent de leur musique, fièrement ancrée dans leurs racines mais...

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“Du camp de réfugiés où ils se sont rencontrés aux plus grandes scènes internationales, depuis plus de 10 ans, ils inspirent de leur musique, fièrement ancrée dans leurs racines mais ouverte sur le monde, propulsée par un message d’amour et de paix”.

Sierra Leone. Fin des années 90. Une guerre civile fait rage dans le pays depuis plusieurs années. Reuben et Grace Koroma, deux musiciens de la capitale de Freetown n’ont d’autres choix que de quitter leur ville natale lorsque les combats deviennent trop fréquents. Réfugiés dans des camps de fortune en Guinée, ils jouent de la musique  afin d’adoucir les moeurs et distraire leurs voisins. Le groupe prend ainsi forme en intégrant différents musiciens qui se trouvaient parmi les réfugiés et jouent sans cesse dans les différents camps dans lesquelles ils passent. Le “Sierra Leone’s Refugee All Stars” est ainsi crée et apporte une brise d’espoir et d’évasion dans le quotidien difficile de ces réfugiés.

Sierra Leone Refugee All Stars – Living like a refugee

En 2006, le rêve devient réalité. Le groupe sort son premier album intitulé “Living like a refugee” grâce à l’aide de deux américains réalisateurs de documentaire, Zach Niles et Banker White. La majorité de leurs titres ont été réalisés en exil, souvent dans des conditions spartiates. Le film documentaire relatant la vie des réfugiés à travers les musiques que l’on pouvait entendre sur les camps va les faire connaître et le groupe ne tarde pas à faire sensation. Après la diffusion de ce film le groupe recevra même le soutien de Keith Richard et de Paul Mc Cartney.

Le Sierra Leone All Stars se produit alors dans les grands festivals, parmi lesquels celui de Central Park à New-York, le festival de jazz de Montréal au Canada ou encore le Fuji Rock au Japon.

Leur musique est particulièrement imprégnée de reggae et de jazz, ponctuée de percussions traditionnelles africaines. Une musique qui appelle à la vie, un message profond de paix et de solidarité.

Sierra Leone’s Refugee All Stars – Manjalajei live

 

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Les Pépites https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/les-pepites/ https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/les-pepites/#respond Tue, 01 Nov 2016 13:46:07 +0000 https://regardsdailleurs.fr/?p=1556 Il y a environ 20 ans, Christian et Marie-France des Pallières, un couple de Français, s’installe à Phnom Pen au Cambodge pour leur retraite. Ils y découvrent l’effroyable quotidien des...

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Il y a environ 20 ans, Christian et Marie-France des Pallières, un couple de Français, s’installe à Phnom Pen au Cambodge pour leur retraite. Ils y découvrent l’effroyable quotidien des enfants chiffonniers de la décharge à ciel ouvert de la ville.

Brusqué par le sort réservé à ces enfants qui luttent pour survivre, le couple décide de les sortir  de ce véritable enfer, et vend tout ce qu’ils possèdent en France. Ils commencent par leur distribuer un repas par jour, puis par leur construire un abri, puis une école. De fil en aiguille, ils parviennent à sortir des milliers d’enfants de l’enfer, leur offrant gîte, couvert et éducation grâce à leur ONG « Pour un sourire d’enfant ». À  ce jour, ils ont permis à près de 10.000 enfants d’accéder à l’éducation pour qu’ils se construisent un avenir.

Ce couple de humbles héros a filmé les témoignages poignants de ces gamins il y a 15 ans, qu’on retrouve en tant que jeunes adultes dans le documentaire. Le contraste entre les enfants terrifiés en haillon et les jeunes adultes épanouis qu’ils sont devenus est incroyable. Le réalisateur du film a travaillé avec d’anciens élèves du centre de formation aux métiers du cinéma, que le couple a créé au sein de son association. Surnommés « Papy » et « Mamy », ce couple infatigable et admirable recevra la citoyenneté cambodgienne des mains de la reine et obtiendra le prix des Droits de l’homme.

capture-decran-2016-10-31-a-16-20-13“Papy” et “Mamy” entourés de leurs “enfants”.

Les Pépites est un documentaire poignant qui vous redonnera foi en l’humanité, vous donnera envie d’être meilleur, vous fera relativiser vos soucis du quotidien et vous bouleversera.

Foncez-le voir au cinéma, il ne sera bientôt plus à l’affiche !

Bande annonce – Les Pépites

L’histoire de Leakhena

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Le parcours de Leakhéna est exceptionnel. Lorsque Christian et Marie-France la rencontrent près du pont sous lequel elle habite avec sa mère qui l’exploite, elle n’a que 9 ans. Ils sont alors tout de suite touchés par son désir de s’en sortir et lui proposent de l’accueillir dans leur école.

Nous sommes en 1996. Animée d’une volonté absolue de communiquer avec eux, elle apprend toute seule le français en quelques mois.

Elle s’investit alors pleinement dans les activités de l’école et s’intéresse très vite aux soins médicaux que Christian apporte aux enfants de la décharge. A 12 ans, elle l’accompagne dans tous ses déplacements pour lui servir d’interprète. En danger à cause de sa mère, toujours prête à la vendre, elle se place sous la protection de Christian. Elle lui demande de l’adopter. Elle s’appelle aujourd’hui « Leakhéna des Pallières ». A 24 ans, elle dirige le service le plus stratégique de l’école : « l’équipe sociale », en charge d’identifier les enfants à scolariser, d’offrir une compensation en riz aux parents, et de régler les conflits familiaux. Des images d’archives montrent Leakhéna lorsqu’elle avait 12 ans, qui suit Christian sur la décharge. 13 ans plus tard, elle est devenue l’un des piliers de l’école.

“J’ai vu un film formidable qui raconte une aventure humaine magnifique !”

Patrice Leconte

“Ce film est un chef d’oeuvre, bouleversant !”

Frédéric Lopez

“Je vous encourage à voir ces héros des temps modernes !”

Nagui

 “Un petit bijou plein d’espoir”

Paris Match

“C’est de l’or ces Pépites”

Le Parisien

“Un vrai film de cinéma”

Les Inrocks

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Au bout des chemins noirs… la lumière ? https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/sylvain-tesson/ https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/sylvain-tesson/#respond Tue, 01 Nov 2016 13:43:41 +0000 https://regardsdailleurs.fr/?p=1600 Cet été, le film de Safy Nebbou Dans les forêts de Sibérie nous emmenait sur les rives gelées du lac Baïkal. Inspiré du livre éponyme de Sylvain Tesson, l’histoire est...

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Cet été, le film de Safy Nebbou Dans les forêts de Sibérie nous emmenait sur les rives gelées du lac Baïkal. Inspiré du livre éponyme de Sylvain Tesson, l’histoire est celle d’un homme qui, pour assouvir un besoin de liberté, part vivre seul loin de l’agitation du monde. Cet homme, c’est Sylvain Tesson lui-même, écrivain et aventurier français.

Son dernier livre, Sur les chemins noirs, est né d’une chute.

En 2014, Sylvain Tesson fait une chute de 8m qui brise son corps, écrase son visage. Immobilisé pendant de longs mois, il fait alors un serment sur son lit d’hôpital : s’il s’en sort, il souhaite traverser la France à pied.

A la fin de l’été 2015, affaibli mais debout, Sylvain Tesson honore cette promesse et se lance seul, à pied, sur les chemins noirs qui sillonnent la France.

Ces chemins sont ceux de la dissimilation : les seuls témoins de leur existence sont de fines lignes sur les cartes de l’Etat-Major. Souvent délaissés, effacés par le travail de l’homme sur le paysage, on peut toutefois en retrouver la trace géographique dans les territoires les plus reculés. Parti du Mercantour, Sylvain Tesson marche pendant 3 mois sur ces sentiers oubliés pour rejoindre le Cotentin, à travers une « diagonale du vide ».

Il parcourt alors ce que le gouvernement appelle les zones « d’hyper ruralité » : éloignées des administrations publiques, des centres hospitaliers, des routes et des réseaux de télécommunication, ces zones « oubliées » peuvent être le tableau d’une grande précarité mais aussi d’un certain enchantement. Les paysages sont restés intacts, plein de mystère et d’étrangeté.

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Mais les chemins noirs ne sont pas seulement ceux qui traversent les forêts et les montagnes : ils sont aussi en nous.

A travers le récit de son voyage, Sylvain Tesson nous offre quelques clés pour nous retirer du monde de temps en temps, pour mener une existence sur des pistes de silence et loin du vacarme urbain. Savoir se cacher pour mieux se retrouver. C’est par le prisme de cette philosophie, que la marche de Sylvain Tesson lui a permis de rééduquer son corps et libérer son esprit. Elle lui a donné l’élan moral pour se reconstruire. Les voyages ont ceci de magique qu’ils nous délivrent du vacarme de notre quotidien, pour que nous puissions retrouver notre silence intérieur.

 «Il m’aura fallu courir le monde et tomber d’un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j’ignorais les replis, d’un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides. La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs. Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.»

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Les Vézos de Madagascar https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/vezos-madagascar/ https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/vezos-madagascar/#respond Sat, 22 Oct 2016 14:25:23 +0000 https://regardsdailleurs.fr/?p=1344 Nomades des mers, les Vézos de Madagascar sillonnent la côte sud-ouest entre Tuléar et Morombé grâce au Lakana, leur traditionnelle pirogue à balancier. Sacrée, la mer à son Dieu et...

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Nomades des mers, les Vézos de Madagascar sillonnent la côte sud-ouest entre Tuléar et Morombé grâce au Lakana, leur traditionnelle pirogue à balancier. Sacrée, la mer à son Dieu et ses esprits qui contrôlent la nature et le climat. Les enfants ne sont considérés comme Vézo que lorsqu’ils apprennent à pêcher, à pagayer ou à nager. Leur identité est marquée par l’instant présent et les compétences acquises pour la pêche ou la natation plutôt que par le sang, les gènes, ou la couleur de la peau. Tout le monde peut ainsi devenir Vézo, en apprenant à naviguer correctement. Leur ouverture d’esprit et leur accueil de l’étranger et de l’inconnu en font un peuple et une identité ethnique particulièrement inspirante. Attaché à sa liberté, le peuple Vézo est, dit-on, parmi les plus heureux de Madagascar. Néanmoins, les conditions de pauvreté, la modernisation de la pêche et l’appauvrissement des ressources en poisson mettent à rude épreuve leur fragile équilibre.

Les Vézos vivent exclusivement de la pêche ; une pêche artisanale, réalisée à bord de leurs pirogues à balancier près des côtes. Traditionnellement, les principales techniques  de pêche se limitaient à la pêche au harpon, à la traine ou aux filets en fibres de baobab tressé. Mais elles se sont rapidement développées et diversifiées avec la pêche au fusil sous-marin, la palangre ou la pêche à la seine. Populaire, la pêche à lumière de nuit est également fréquente. Au coucher du soleil, l’horizon s’emplit de pirogues en quête de plus gros poissons. Ils ramènent alors des carangues, mérous, grand capitaines ou encore des requins.

tirage photo emerveillement enfance chez les vezos de madagascar

Le Laka, pirogue traditionnelle à balancier, est un outil de travail, un moyen de transport et une maison pour le vézo qui navigue souvent très loin de chez lui, parfois pendant des mois pour trouver des eaux plus riches en poisson. Transmis de génération en génération, sa fabrication nécessite un véritable savoir-faire. Le choix et la récupération de l’arbre dans lequel elle sera réalisée mérite une attention toute particulière et peut prendre plusieurs jours.

Si le laka est si important pour les Vézos, c’est qu’ils mènent un mode de vie semi-nomade. Tout au long de l’année, ils sillonnent la côte pour visiter leur famille disséminée, mais aussi pour trouver des régions où les ressources en poisson sont mieux préservées. Ils remontent alors la côte au nord vers Mazanga, Bello sur mer ou encore Morondava pendant plusieurs mois. Vivant au jour le jour et sans souci du lendemain, ils passent alors la nuit en confectionnant des abris temporaires avec leurs voiles.

Les Vézos dépendent totalement des ressources marines. Avec l’arrivée de certains peuples de l’intérieur sur la côte, la surpêche et surtout le développement des pêcheurs industriels, les fonds marins se dégradent rapidement. En parallèle, le réchauffement climatique joue un rôle important dans ces dégradations. L’érosion provoqué par la montée des eaux, emporte de grandes quantités de sable chaque année, recouvrant ainsi le récif qui abrite et nourrit les poissons.

tirage photo erosion chez les vezos de madagascarMaison d’un Vézo et érosion provoquée par la montée des eaux.

Le poisson est séché avant d’être revendu aux collecteurs si les pêches sont assez fructueuses. Traditionnellement, le commerce des Vézos s’effectuait sous forme de troc avec les peuples voisins tels que les Masikoro, agroforestiers. Cependant, l’augmentation des affaires commerciales a transformé l’économie d’échange en économie de marché. L’accroissement de l’exportation des poissons a  stimulé le développement des collecteurs et compagnies d’exportations.

Avec ces développements, certaines techniques de pêche particulièrement destructrices sont apparues, telles que la pêche à la seine, qui ratisse les fonds marins et les coraux. Depuis les années 2000, la taille des filets est passée de 100 à 1000 mètres et l’apparition d’outils “modernes” tels que les masques et les fusils de chasse sous-marins facilitent la pêche. Les ressources en poisson surexploitées diminuent fortement et ne peuvent plus nourrir tout le monde.

Au-delà des impacts de la modernisation, la surpêche est devenue un enjeu majeur au large des côtes de Madagascar, avec des pêcheurs industriels et commerciaux de plus en plus nombreux, malgré les lois internationales qui l’interdisent. En quête de profit à tout prix, ces industries ne se soucient pas de leur impact sur l’environnement et surexploitent les ressources illégalement sans hésiter à faire appel  à la corruption. Une corruption fréquente non seulement dans le cadre de la gestion des ressources marines mais aussi dramatique pour les aides humanitaires dont les dons n’atteignent souvent que très partiellement leur destination.

tirage photo collecteur chez les vezos de madagascarUn collecteur local revient avec un chargement d’eau sur sa charrette à zébu.

Les femmes prennent essentiellement le relais après la pêche, et s’occupent de vendre le poisson rapporté par les hommes. Reconnaissables aux masques qu’elles portent sur leur visage, elles se protègent la peau du soleil et de l’air marin à l’aide d’une pâte faite à partir de l’écorce de Tamarin frotté avec de l’eau et souhaitent garder une peau la plus blanche possible.

Au lever du soleil, l’une des premières préoccupations est la collecte de l’eau douce nécessaire pour boire, faire la cuisine et se laver. En effet, la région est très sèche et les ressources en eau potable sont rares. Ils doivent quotidiennement chercher l’eau à pied, et creuser dans les dunes pour faire ressortir une eau filtrée par le sable. Une femme peut ainsi faire 3 à 4 allers retours à pied  chaque jour, portant des sauts de 20L.

tirage photo puits ensables chez les vezos de madagascarUne femme rentre d’une collecte d’eau, creusé dans les dunes pour faire ressortir une eau filtrée par le sable.

Lors des grandes marées basses, les femmes se rendent sur les platiers de récif pour pêcher le poulpe et les concombres de mer. Elles s’arment alors de harpons et de lances qui servent à faire sortir le poulpe de son trou. Le poulpe est alors tué d’un coup rapide sur la tête à l’aide d’une massue en bois. Cette technique, très fréquente, est connue comme le glanage. Malheureusement c’est une technique particulièrement destructrice pour les  coraux, écrasés sous les  pieds des pêcheurs. Néanmoins, grâce à certaines ONG, les Vézos prennent aujourd’hui conscience de cette problématique et commencent à mettre en place des zones protégées, des quotas et des saisons de pêche.

tirage photo masque tamarin chez les vezos de madagascarUne femme, portant un masque de tamarin rentre d’une pêche au poulpe.

Les liens familiaux sont extrêmement importants parmi les Vézos et les anciens sont particulièrement respectés. Ces relations sont d’autant plus importantes pour les Vézos qu’ils déterminent l’accès aux ressources marines et aux équipements de pêche. Les membres d’une famille sont donc très soudés mais les familles se soutiennent également entre elles. Un homme qui rentre de la pêche sera toujours accueilli avec enthousiasme par tous et chacun proposera son aide. Ces valeurs humaines et de partage régissent le quotidien des Vézos et permet l’épanouissement social du groupe.

Le Lakana, pirogue traditionnelle à balancier, est un outil de travail, un moyen de transport et une maison pour le vézo qui navigue souvent très loin de chez lui, parfois pendant des mois pour trouver des eaux plus riches en poisson. Transmis de génération en génération, sa fabrication nécessite un véritable savoir-faire. Le choix et la récupération de l’arbre dans lequel elle sera réalisée mérite une attention toute particulière et peut prendre plusieurs jours.

Si le lakana est si important pour les Vézos, c’est qu’ils mènent un mode de vie semi-nomade. Tout au long de l’année, ils sillonnent la côte pour visiter leur famille disséminée, mais aussi pour trouver des régions où les ressources en poisson sont mieux préservées. Ils remontent alors la côte au nord vers Mazanga, Bello sur mer ou encore Morondava pendant plusieurs mois. Vivant au jour le jour et sans souci du lendemain, ils passent alors la nuit en confectionnant des abris temporaires avec leurs voiles.

tirage photo retour de peche chez les vezos de madagascarAu retour d’une pêche, femme et enfants se précipitent pour aider leur père à remonter la pirogue.

Le « nomadisme » des Vézos a néanmoins reculé depuis que les ressources en poisson sont en déclin. Le temps est d’avantage passé dans les villages, qui restent très près de l’eau dans les dunes malgré le vent qui ensable les maisons. Chaque jour, plusieurs heures sont passées à creuser autour des maisons afin qu’elles ne disparaissent pas sous le sable. Ceci témoigne de l’attachement du Vézo pour son environnement. Hommes de la mer, ils ont besoin de la voir et ne supporteraient pas de vivre à l’intérieur des Terres.

tirage photo arbre de vie chez les vezos de madagascarLe village de Ambohitsabo s’étend dans les dunes de sables qui enfouissent chaque année de nombreuses maisons.

Les pêcheurs sont conscients que les pratiques de pêche actuelles doivent changer en supprimant les techniques destructrices en faveur de nouvelles solutions durables. Leur implication dans cette évolution est non seulement cruciale pour la préservation de l’environnement mais aussi pour leur propre avenir s’ils souhaitent conserver leur identité de Vézo et continuer à vivre de pêche.

La mise en place de cultures d’algues, de concombre de mer et de reforestation des mangroves diminue la quantité de poissons pêchés et contribue à la reconstruction de l’écosystème marin. En s‘adonnant à ces nouvelles activités, les pêcheurs s’inscrivent ainsi dans une démarche durable qui leur permet de continuer à vivre de la mer et de nourrir leur famille, tout en respectant l’environnement et en apportant des réponses et actions concrètes aux enjeux majeurs qui nous concernent tous.

Malgré ces préoccupations, la capacité des Vézos à garder le sourire est impressionnante. Conscients et heureux de vivre dans un environnement aux paysages splendides, ils se contentent de peu et même si une journée passe sans qu’un poisson ne soit relevé dans leur pirogue, les Vézos chantent à longueur de journée. C’est de cette manière qu’ils témoignent leur gratitude à la Terre et aux esprits. Une vie dans l’instant présent, au jour le jour.

tirage photo arc en ciel chez les vezos de madagascarLe sourire et la bonne humeur est toujours présent chez les Vézos, quelle que soit la préoccupation du moment.

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Nos tirages des Vézos de Madagascar

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Les Akhas du Laos https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/akhas-laos/ https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/akhas-laos/#respond Sat, 22 Oct 2016 14:11:45 +0000 https://regardsdailleurs.fr/?p=1340 Groupe ethnique peuplant la région du Mekong, les Akhas du Laos sont originaires du Yunnan, une province de Chine. Une guerre au 19ème siècle, ainsi que le régime communiste chinois ont...

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Groupe ethnique peuplant la région du Mekong, les Akhas du Laos sont originaires du Yunnan, une province de Chine. Une guerre au 19ème siècle, ainsi que le régime communiste chinois ont provoqué leur migration en masse vers le sud. Il y aurait environ 80 000 Akhas peuplant les montagnes du nord du Laos, ayant leur propre religion et leur propre langue. Ne représentant qu une infime partie du Laos, les Akhas ont dû s’adapter à une vie de minorité. Ils vivent paisiblement dans des petits villages d’une cinquantaine de maisons, où ils sont environ 300.

Cette ethnie possède un riche patrimoine culturel, transmis par tradition orale, et joui d’un mode de vie très spécifique. Ils sont animistes et ont recours au chamanisme. Leurs croyances sont ainsi peuplées d’esprits qui veillent sur eux et les protègent, ou à l’inverse, sont responsables de leurs malheurs. Qu’ils soient bons ou mauvais, les Akhas vivent au quotidien avec ces esprits, et ont de nombreux rituels et cérémonies organisés pour les honorer. Ils ont toujours vécu en autosuffisance, dépendants de la nature et de la récolte pour subvenir à leurs besoins. Mais depuis quelques années, face à la diminution des ressources naturelles, aux différentes volontés du gouvernement et à l’apparition du monde moderne, leur communauté est en danger.

tirage photo fileuse de coton chez les akhas du laos

L’apparence des femmes Akhas est unique. Elles portent souvent des coiffes ornées de pièces en argent, de plumes et de perles. Ces coiffes sont symboles de prestige, et les ornements de celles-ci varient en fonction de l’âge et du statut de sa famille. Les femmes possèdent aussi les dents teintes d’une couleur rouge, conséquence des feuilles de bétel qu’elles mastiquent sans cesse. Utilisées pour leurs vertus thérapeutiques, c’est aussi un signe de beauté dans la communauté.

tirage photo feuilles de betel chez les akhas du laosUne femme Akha déambule dans les allées du village de Nam Yang.

 

Les us et coutumes de la communauté sont régis par certaines règles et codes d’ordre spirituel. À l’entrée de chaque village, une porte construite à l’aide de bambous est placée. Elle indique la limite entre le monde des humains, et celui des esprits. Chaque habitant doit obligatoirement passer à travers cette porte, qui permet de bloquer les mauvais esprits voulant entrer dans le village. Nombreuses sont les pratiques spirituelles et mystérieuses, leur permettant d’évoluer au quotidien en toute sérénité et dans le respect de leurs traditions ancestrales.

tirage photo flutiste chez les akhas du laosAprès avoir entièrement fabriqué une flûte en bambou, il est temps de tester sa mélodie.

Il règne chez les enfants Akhas un incroyable sentiment d’épanouissement. Déambulant dans les allées du village, ils semblent tous appartenir à une même famille, et semblent vivre pleinement leurs années d’insouciance. Ils aident leurs parents quand il est nécessaire dans les champs ou à la maison, et le reste du temps, s’amusent avec les animaux du village ou leurs amis.

tirage-photo-jeux-artisanaux-chez-les-akhas-du-laosChaque soir dans le village de Nam Yang, les enfants se retrouvent sur leur aire de jeux, un gigantesque terrain de boue.

Les esprits sont omniprésents dans la vie des Akhas. Ce sont eux qui régissent leur quotidien et qui sont responsables de leur bonheur ou malheur. Les Akhas s’efforcent de faire des offrandes aux esprits de la nature et à ceux de leurs ancêtres pour que ceux-ci veillent sur eux et les protègent des maladies, mauvaises récoltes, accidents, envoûtements et autres malheurs.

Le chef du village qui nous hébergeait souffrait de terribles douleurs au genou depuis plusieurs jours. Ni la médecine traditionnelle, ni l’opium ne calmait sa douleur. En dernier recours, il décida de demander l’aide de ces ancêtres. C’est ainsi que nous quittions le village pour s’immerger dans la forêt et capter l’attention des esprits, pour leur faire offrande de deux poulets. Après une longue marche, le petit groupe s’arrêta brusquement à un endroit qu’il estimait propice pour rentrer en contact avec les esprits de la forêt. Les Akhas, en état de transe, se lancèrent ainsi dans de longues prières et incantations en faveur des esprits, puis cuisinèrent selon un rituel particulier les poulets. Nous avons dégusté les poulets jusqu’au dernier œil, et selon les Akhas, les douleurs du chef de village allaient disparaître dans les jours qui suivent.

tirage photo rituel animiste chez les akhas du laosCuisson d’un poulet destiné à être offert aux esprits pour quils viennent en aide au chef du village.

RENCONTRE

Certaines rencontres vous marquent plus que d’autres. Des visages, des personnes qui vous suivent et que l’on n’oublie jamais. C’est le cas de Kong, avec qui nous avons eu la chance de partager une grande partie de notre aventure au Laos.

Lorsque nous avons franchi les portes du village de Nam Yang, les individus étaient méfiants à notre égard et restaient plutôt à l’écart, ce qui est tout a fait compréhensible, ceux ci n’ayant pas l’habitude d’avoir de la visite. En revanche, parmi les nombreuses personnes que nous venions de croiser, un petit garçon sortait du lot. Sa gaité et sa curiosité nous ont surpris. Une fois les présentations faites, il nous a fait découvrir tous les recoins de son village et au fur et à mesure du temps, a favorisé notre acceptation de la part de la communauté Akha. Intrigué par notre matériel photo, il ne nous laissait jamais seul durant tout notre séjour. Il s’est établi une véritable relation de partage et d’amitié avec cet enfant.

Kong était différent des autres. Au sens propre comme figuré. Il était autiste. Était-ce la raison pour laquelle aucune barrière n’existait entre lui et nous ? Il ne se méfiait pas de l’inconnu, et laissait libre court à sa nature humaine la plus pure, sans jugement, uniquement avec l’envie de découvrir autrui et de partager.

Et pourtant, il y a quelques années, cet enfant n’aurait pas pu grandir en paix. Dans la communauté Akha, il y a encore peu, on se débarrassait des enfants ayant des troubles mentaux ou physiques, ceux ci étant considéré comme un sort envoyé par les esprits, et pouvant nuire à la sérénité du village. C’est peut être aussi la raison pour laquelle nous nous sommes attaché à ce point à lui.

À l’heure de dire nos adieux, il semblait encore plus fier et heureux d’avoir partagé un peu de son temps avec des étrangers, d’avoir donné et reçu de nombreux enseignements.

tirage photo enfant particulier chez les akhas du laosPortrait de Kong

Au fil du temps, les villages Akhas ont été relocalisés de plus en plus près des villes. Cette proximité améliore le quotidien des Akhas qui sont désormais plus proches des hôpitaux, des marchés et des administrations publiques, mais cette relocalisation des villages commence à avoir des conséquences négatives sur les conditions de cette ethnie. Désormais en contact avec la modernisation, de nombreuses règles et coutumes semblent disparaître chez les Akhas qui paraissent « s’occidentaliser ». La modernisation leur procure de nouveaux désirs qu’ils veulent satisfaire. N’ayant pas de revenus pour assouvir leurs envies, cela génère chez les Akhas un sentiment d’exclusion et de pauvreté.

Ayant de nouvelles préoccupations matérialistes, et étant en contact régulier avec le monde moderne, la nouvelle génération de Akhas tend à oublier leurs traditions et règles ancestrales qui font leur singularité et qui leur permettent d’évoluer au quotidien dans la sérénité.

tirage photo modernisation menacante chez les akhas du laosUne jeune femme hésite entre rejoindre sa communauté à une cérémonie, ou rester seule sur son Smartphone.

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Nos tirages des Akhas du Laos

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Les Tsumbas du Népal https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/tsumbas-nepal/ https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/tsumbas-nepal/#respond Sat, 22 Oct 2016 13:43:42 +0000 https://regardsdailleurs.fr/?p=1324 D’origine tibétaine, les Tsumbas du Népal peuplent les montagnes reculées du nord de l’Himalaya au Népal. Coupés du monde, ils vivent en total autarcie et en autosuffisance. En raison de...

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D’origine tibétaine, les Tsumbas du Népal peuplent les montagnes reculées du nord de l’Himalaya au Népal. Coupés du monde, ils vivent en total autarcie et en autosuffisance. En raison de son éloignement et son inaccessibilité, La Tsum Valley et ses habitants n’ont pas connu les développements basiques que le reste du pays a connu depuis des années. Rien n’a changé dans cette région où les traditions ancestrales et les modes de vie d’antan perdurent. Le quotidien des Tsumbas est ainsi difficile. Le climat de la région peut être extrême, et ce n’est pas leurs maisons non isolées du froid qui peuvent les réchauffer. Vivant à plus de 5 jours de marche de la « civilisation » ils doivent quotidiennement travailler dur pour avoir de quoi se nourrir et subsister.

Malgré cela, les Tsumbas semblent être pleinement heureux et très riche spirituellement. Leurs croyances sont pour eux un véritable facteur d’élévation et d’épanouissement. Quiconque a déjà visité la Tsum Valley vous dira qu’il existe dans cette vallée du bout du monde, une ferveur bouddhiste inimaginable. Les Tsumbas sont persuadés de vivre dans une vallée aux pouvoirs surnaturels, ils se sentent apaisés et protégés des tourments du monde. Ils vivent simplement, au jour le jour, avec un amour démesuré pour la vie. Ils respectent et prêchent la loi de causalité bouddhiste qui consiste à récolter ce que l’on sème. Cette philosophie de vie est le pilier essentiel du bouddhisme qui permet à tous les croyants de trouver l’éveil spirituel et ainsi une vie des plus épanouissantes. Compassion, empathie et amour sont les mots d’ordre de cette chaleureuse ethnie.

tirage photo bienveillance himalaya chez les tsumbas du nepal

Dans les textes sacrés bouddhistes, la Tsum Valley est connu sous le nom de « Beyul Kyimolung » signifiant la Vallée du Bonheur. Il est dit que seule une population au cœur pur, dont l’âme ne porte pas de traces de souillure karmique, peut vivre dans ce joyau sacré de l’Himalaya. Il est dit que des trésors spirituels furent cachés au 8ème siècle par Guru Rinpoche, un grand maître tibétain, afin que la doctrine bouddhiste soit protégée et que ces enseignements s’éternisent à tout jamais. Il règne dans la Tsum Valley, une loi de la non-violence à l’égard de toute forme de vie. Bien plus que l’interdiction de tuer un animal, cette loi met en avant de nombreuses exigences éthiques permettant aux habitants de vivre dans la compassion et l’amour, valeurs proéminentes dans le bouddhisme.

tirage photo vallee bonheur chez les tsumbas du nepalDeux moines contemplent la vue de la Tsum Valley depuis le temple bouddhiste de Chule-Nile.

Les Tsumbas n’ont presque aucune possession matérielle et vivent dans des conditions parfois rudes, sans confort ni hygiène. Ayant conservés un mode de vie ancestral, leur quotidien est rythmé par de nombreuses tâches indispensables. Ils doivent travailler dur pour se nourrir, parfois dans des conditions extrêmes. Ces tâches peuvent sembler banales, mais n’ayant connu aucun progrès technique, elles prennent un temps considérable et représentent une épreuve physique. Cependant, ils travaillent avec détermination et fierté. Contribuer à leur communauté leur apporte une grande satisfaction.

Les enfants Tsumbas, en plus de leur aide dans les tâches domestiques, doivent parcourir des kilomètres à pied dans les montagnes pour aller à l’école. Les conditions ne sont pas toujours optimales pour étudier. Le manque de fournitures scolaires, de mobilier et même de professeurs, ou encore les conditions météorologiques ne facilitent pas toujours les choses. Cependant, ils travaillent dur et montrent un enthousiasme saisissant quand il s’agit d’étudier. D’une maturité impressionnante pour leur âge, ils savent que l’éducation leur permettra d’avoir une vie meilleure et qu’ils pourront par la suite aider leur famille.

tirage photo poings serres chez les tsumbas du nepalPréparation de l’alcool de riz local dans le froid glacial de l’Himalaya

Après la récolte, la séparation des graines de la paille occupe les Tsumbas pendant de longues journées.  La plupart du temps, ce travail de longue haleine est réalisé par les femmes de l’ethnie et c’est l’occasion pour elles de se retrouver et d’échanger. On ressent lors de la récolte un sentiment de fraternité très fort, toutes les femmes réalisant ce travail en groupe, aux bénéfices de la communauté entière. Cette récolte annuelle est d’une importance cruciale pour les Tsumbas car elle déterminera ce qu’ils auront dans leurs assiettes l’année à venir.  C’est pourquoi la concentration et l’application sont les mots d’ordre pour la réalisation de cette tâche.

tirage photo cereales chez les tsumbas du nepalÀ l’aide de son tamis, une femme Tsumba travaille avec application sur la récolte annuelle de céréales.

Pour se saluer, les Tsumbas  joignent les paumes des mains devant le cœur en prononçant « Namaste ». Littéralement, l’expression signifie « je m’incline devant toi » ou « je salue le divin qui est en vous ». Cette salutation symbolise la croyance qu’il existe une lumière divine à l’intérieur de chacun. Elle incarne la vie qui nous habite, le divin qui réside en nous est le même chez tous. Ce geste est un signe de reconnaissance d’une âme envers une autre âme et permet de rendre hommage ou montrer son respect à l’autre.

tirage photo namaste chez les tsumbas du nepal« Je salue le divin qui est en vous»

Il existe plusieurs lamas dans la région qui sont d’une importance considérable pour les Tsumbas. Leur rôle, principalement d’ordre spirituel, guide véritablement la vie des habitants. Ils accompagnent les croyants dans leur quotidien et leur enseignent les chemins bouddhistes à suivre pour une vie riche. S’étant dévoué totalement à la religion, ils ont reçu une éducation spécifique dès leur plus jeune âge. On les trouve dans les gompas, temples tibétains bouddhistes où ils exercent.

 

INTERVIEW

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis enseignant religieux du bouddhisme tibétain. J’ai aujourd’hui 70 ans et enseigne ici à Mu Gumpa depuis près de 50 ans.

Comment êtes-vous devenu lama ?

Mes parents m’ont “offert” à Dieu à l’âge de 15 ans. Je suis ainsi parti vivre dans des gompas et j’ai reçu l’éducation de disciples tibétains. J’ai ainsi pris la voie de la non-violence, de la compassion, de l’enrichissement spirituel et de toutes les règles que nous, bouddhistes suivons. Après quelques années, j’ai pu à mon tour devenir lama et enseigner notre pratique.

Pouvez-vous nous dire à quoi ressemble la vie ici ?

Au premier abord, la vie ici peut paraître difficile. Nous vivons à plus de 4000 mètres d’altitude sur le pic d’une montagne. Le vent et le froid glacial peuvent s’avérer diffciles en hiver, et nous vivons complètement isolés, à plusieurs heures de marche du Tibet où l’on peut se procurer les denrées indispensables pour vivre. Mais la méditation, la pratique du dharma et l’amour de toute forme de vie nous permettent de trouver l’éveil et de jouir d’un Bonheur immense.

Est ce que votre isolement géographique est nécessaire pour vos pratiques ?

La majorité des gompas sont isolés géographiquement des villes afin que les problèmes « communs » ne nous affectent pas. Notre isolement facilite la méditation et l’enseignement dans un environnement calme et donc propice.

Avez-vous un conseil à donner aux gens pour qu’ils connaissent la paix intérieure et enrichissent leur vie ?

J’ai beaucoup à dire sur le sujet. Mais un des piliers de notre philosophie est le fait de « récolter ce que l’on sème ». Bouddha a dit « tout ce que nous sommes est le résultat de ce que nous avons pensé » Tout est lié dans notre existence. Si nous souhaitons vivre en paix et en harmonie, nous devons effectuer chacune de nos actions dans ce sens. Si vous voyez la vie de façon positive et que l’empathie, la compassion et la bonté sont présents dans votre quotidien, des perspectives positives s’offriront à vous et vous serez en paix avec vous-même.

tirage photo eveil chez les tsumbas du nepalRencontre avec un enseignant du bouddhisme tibétain à Mu Gumpa, point culminant de la Tsum Valley, à quelques kilomètres du Tibet

 

De nombreux festivals se déroulent chaque année dans la vallée. Leur objectif est de purifier les habitants de leurs pêchés et de leur assurer une vie heureuse au plus près de leur foi. Le facteur essentiel d’épanouissement des Tsumbas étant la foi, la ferveur des habitants lors de ces manifestations spirituelles est démesurée. Selon les Tsumbas, grâce à la magie de la vallée et au pouvoir du bouddhisme, les personnes fréquentant les temples et participant au festival annuel s’assurent richesse intérieure et paix spirituelle.

tirage photo festival bouddhiste chez les tsumbas du nepalFestival annuel dans le temple des villages de Chule et Nile.

Dès leur enfance, certaines filles sont placées dans des nonneries où elles recevront une éducation bouddhiste dans le but de poursuivre une existence dédiée à la vie spirituelle de leur ethnie. Ce groupe de nonnes partage un moment de détente et de complicité autour d’un feu réalisé avec les restes de pailles et de panicules. Elles profitent de ce que la nature leur offre et de la présence de leurs « sœurs ». Ce moment symbolise la sérénité, l’esprit de fraternité et la quête d’un bonheur simple qui rythme la vie des Tsumbas.

tirage photo feu dans la nonnerie chez les tsumbas du nepalDans la nonnerie de Rachen Gompa, des nonnes se réchauffent à la nuit tombée autour d’un feu.Le 

Pourtant conscients des attraits de la mondialisation, les Tsumbas ont préférés se détacher du progrès pour continuer à vivre paisiblement. Le pilier fondamental du bouddhisme est le détachement volontaire. Détachement de toute pressions extérieures et de toute possessions matérielles non indispensable. Ils sont conscients des impacts négatifs que la mondialisation pourrait avoir sur eux et préfèrent vivre en autarcie, privilégiant les relations fraternels et l’harmonie avec leur terre. Selon leur philosophie de vie, si nous sourions à la vie, elle nous sourira en retour.

tirage photo recolte chez les tsumbas du nepalMalgré un travail éreintant au quotidien, l’épanouissement des Tsumbas est réel.

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Nos tirages des Tsumbas du Népal

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Les Hadzabés de Tanzanie https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/hadzabes-tanzanie/ https://www.regardsdailleurs.fr/magazine/hadzabes-tanzanie/#respond Sat, 22 Oct 2016 13:19:08 +0000 https://regardsdailleurs.fr/?p=1322 Au cœur de la vallée du grand rift en Tanzanie, se trouve la Yaeda Valley, le long du lac Eyasi et à l’ombre de cratère Ngorongoro. C’est dans cette région, aussi...

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Au cœur de la vallée du grand rift en Tanzanie, se trouve la Yaeda Valley, le long du lac Eyasi et à l’ombre de cratère Ngorongoro. C’est dans cette région, aussi connue comme le berceau de l’Humanité, que l’on trouve les Hadzabés de Tanzanie, l’un des plus vieux peuples chasseur-cueilleur connus à ce jour. Nul autre peuple n’a vécu aussi longtemps en un même endroit. Lorsque les égyptiens terminaient leurs pyramides, les Hadzabés vivaient déjà sur leurs terres depuis plus de 50 000 ans. Ils ne cultivent aucune terre, n’élèvent aucun bétail, ne suivent ni règles, ni hiérarchie, ni calendrier précis mais maintiennent un précieux équilibre entre l’homme et la nature. Se déplaçant au gré du temps et des migrations du gibier, ils vivent de la chasse à l’aide de flèches empoisonnées. Les Hadzabés refusent toute forme de modernisation et conçoivent le bonheur dans le respect de traditions ancestrales. Ce sont les « derniers premiers hommes » de la région du grand rift et représentent ainsi les derniers vestiges des cultures qui occupaient l’Afrique de l’est avant l’arrivée des peuples pasteurs.

tirage photo chasseur de babouins chez les hadzabe de tanzanieJuma, au retour d’une chasse nocturne, le crane grillé d’un babouin dans un main et la flèche empoisonnée qui l’a tué dans l’autre.

Les coutumes de certains peuples peuvent parfois être déconcertantes. C’est le cas de la chasse au babouin chez les Hadzabés. Des heures durant, dans la nuit noire de la savane, ils traquent les primates jusqu’à trouver l’arbre dans lequel ils se perchent pour passer la nuit en sécurité. Mais lorsque les babouins  perçoivent le danger, ils libèrent une pluie de déjections pour faire fuir les chasseurs. Dans  la pénombre, souillé par les excréments, Juma ne bouge pas. Il écoute les feuilles se froisser sous les mouvements affolés des proies. Il décoche une flèche, un cri sourd retentit. Après quelques instants, nous entendons des  branches céder, emportées par la chute du babouin. Comme  nous nous éloignons sur le chemin du retour, la meute témoigne sa tristesse d’avoir perdu un congénère dans un effrayant concert de cris. C’est la loi de la prédation. De retour au camp, le babouin est immédiatement jeté sur le feu avant d’être dévoré à pleines dents. Juma tient le crâne grillé du babouin dans une main et la flèche empoisonnée qui l’a tué dans l’autre. De retour au camp, le babouin est jeté entier sur le feu avant d’être dévoré à pleines dents. Seuls les os et le sang seront laissés en offrande aux Dieux. Toujours soucieux de préserver leur environnement, les Hadzabés ne prélèvent jamais plus que ce dont ils ont besoin et ne laissent jamais rien derrière eux.

Remarquablement, les Hadza ont jusqu’à présent réussi à conserver leur culture et leur mode de vie primitif  malgré les pressions considérables qui ont détruit la plupart des autres sociétés de chasseurs-cueilleurs dans le monde. Au cours des dernières décennies les Hadza ont perdu près de 90% de leurs terres natales dans la région du Lac Eyasi au profit d’autres groupes ethniques qui s’y sont installés. Aujourd’hui, le peuple Hadza ne dépasse pas les 1.000 individus dont seulement 300 vivent encore de manière traditionnelle.

Au petit matin, lorsque Ishoko le Dieu soleil apparaît, les hommes aiguisent leurs flèches, tendent leurs arcs et ouvrent les yeux en quête de gibier. Pendant ce temps, les femmes partent à la recherche de fruits et de racines. Avant midi tout le monde est de retour au camp. Ils ont le ventre plein et n’auront pas besoin de repartir avant que le soleil ne soit plus bas. Ils profitent alors des heures les plus chaudes pour construire des flèches, se reposer, fumer la pipe et raconter des histoires. Les Hadzabés sont de grands conteurs d’histoires. ils passent de longues heures autour du feu à se rappeler leurs plus belles aventures, tout en préparant le poison de leurs flèches à partir de la rose des déserts.

tirage photo vers de nouveaux horizons chez les hadzabe de tanzanieBubute, chasseur et conteur d’histoires, se met en quête de gibier à l’aide de son arc et des flèches empoisonnées qu’il a confectionné le matin même.

Le cœur des Hadzabés est dans le bush, où ils passent la grande majorité de leur temps à traquer l’animal. Très jeunes, ils s’essaient à la pratique et dès cinq ans ils chassent leurs premiers oiseaux. A dix ans, ils mettent déjà de petits animaux comme  le dik dik sur le feu et contribuent à nourrir la communauté.

Au premier jour de notre arrivée au camp Hadzabé en Tanzanie, Joshua, notre interprète, nous informe que Magandula, 10 ans, à été mordu par un chien enragé deux jours plus tôt. Lorsqu’il il se présente à nous, nous découvrons avec effroi une mauvaise morsure au bras, déjà rongé par l’infection qui semblait évoluer rapidement. Après quelques échanges avec Joshua, nous comprenons que ses parents ne sont pas conscients de la gravité de la situation et que la blessure de Magandula pourrait être mortelle s’il ne reçoit pas rapidement les soins nécessaires. L’hôpital le plus proche était à plus d’une journée de marche et de transport. Les parents n’avaient pas les moyens pour payer le transport et  les injections à l’hôpital. Nous avons été touchés par l’impuissance de cette famille et n’avons pas hésité longtemps avant d’intervenir auprès du père pour qu’il emmène rapidement son fils à l’hôpital, offrant de les aider en  finançant  son traitement. Quelques semaines et dix injections plus tard, Magandula était de retour en pleine forme. Il est devenu notre meilleur ami, compagnon et instructeur de chasse à l’oiseau.

tirage photo chasseur oiseaux chez les hadzabe de tanzanieMagandula, jeune Hadzabé s’exerçant à la chasse aux oiseaux.

D’une importance cruciale, le feu est présent au quotidien chez les Hadzabés et les accompagne dans la plupart de leurs activités. Le feu est si important qu’il n’est jamais éteint. En fin de journée, les braises sont rentrées dans la hutte pour être surveillées de près pendant toute la nuit. Cela permet  de sécher la paille des huttes ainsi que l’arc et les flèches qui sont placés au dessus du feu. Dès les premiers rayons du soleil, les braises sont ressorties pour rallumer un feu. Les hommes commencent alors à travailler et à aiguiser leurs flèches. Le feu est entretenu toute la journée  pour que les femmes puissent préparer le repas ou pour que les hommes puissent  récolter le miel en calmant les abeilles avec la fumée. Si par malheur, le feu vient néanmoins à s’éteindre, un autre est vite allumé en frottant deux types de bois spécifiques.

tirage photo hutte chez les hadzabe de tanzanieL’intérieur d’une hutte Hadzabé, conservée au sec grâce au précieux feu.

Un des plus gros défi des Hadzabés est la collecte d’eau. Dans une région particulièrement sèche, de longues périodes peuvent s’écouler sans que la moindre pluie ne tombe. L’eau est alors récupérée dans des cavités naturelles formées dans la roche.

tirage photo source chez les hadzabe de tanzanieAprès une longue période de sécheresse, les ressources en eau deviennent rares et sont collectées dans des « réservoirs » formés par la roche.

Après avoir repéré l’arbre qui possède les racines tant convoitées, les femmes frappent le sol à l’aide d’un bâton. Selon la sonorité, elles savent si les racines se trouvent en dessous et si elles sont gorges d’eau. Elles creusent alors un trou, parfois très profond, pour les récupérer. Elles se mangent alors crues à la sortie de la terre ou grillées sur un feu. Mâchées pour récupérer l’eau, les fibres sont parfois avalées selon le type de tubercule, pour leur valeur nutritive.

Si les hommes rentrent souvent bredouilles de la chasse, les femmes, elles, n’échouent jamais à la cueillette et reviennent toujours avec des racines à mâcher, des fruits de Baobabs, des baies ou encore des fruits de cactus. Contrairement à d’autres peuples africains dans lesquels les femmes sont soumises aux hommes, les femmes Hadzabé sont considérées comme l’égal de l’homme. Leur cueillette pourrait à elle seule subvenir aux besoins des Hadzabés. Et même si les hommes sont friands de viande et de miel, ils sont conscients que cela ne représente qu’un supplément incertain face à la cueillette.

tirage photo en quete eau chez les hadzabe de tanzanieLes femmes du camp partent en quête de racines. Enfouies dans la terre, elles sont protégées de la sécheresse et des incendies. Selon les périodes de l’année, cet apport d’eau peut être crucial pour le groupe.

Parce qu’ils savent que chaque jour leur apportera de la nourriture, ils n’ont pas besoin de stocker pour les jours suivants et partagent l’ensemble de ce qu’ils ont récolté. Ils ne tuent et ne prélèvent donc que ce dont ils ont besoin au quotidien et ne laissent aucune trace derrière eux. Mais pour s’assurer d’avoir toujours assez, ils sont nomades et se déplacent régulièrement afin de laisser la nature récupérer derrière eux. Quand  ils reviennent, la nature a repris le dessus, les racines et baies ont repoussé, offrant à nouveau une terre saine et riche de ressources.

Les Hadzabés n’utilisent aucun piège. L’arc et la flèche  ne laissent aucun impact durable sur les populations d’animaux. Contrairement aux autres peuples de la région, ils ne coupent pas les arbres pour construire des maisons ou des enclos pour les animaux. Leurs maisons sont des abris temporaires faits de branches et de paille. Lorsqu’ils se déplacent, les abris se décomposent et disparaissent dans la nature. Ils seront reconstruits à leur retour.  Ils ne creusent pas de puits qui drainent les ressources d’eau de cette région si sèche, ils vont boire directement à la source.

tirage photo nomade chez les hadzabe de tanzanieUn Hadzabé s’éloigne d’un groupe pour en rejoindre un autre. Le conflit chez les Hadzabés n’est pas accepté et lorsqu’il se présente, les personnes sources du conflit se séparent tout simplement.

L’harmonie qu’entretien les Hadzabés avec l’environnement leur a  permis de vivre de manière durable pendant plusieurs milliers d’années. Cette harmonie est essentielle pour les Hadzabés qui dépendent entièrement de leur terre. Ils prennent soin d’elle comme elle prend soin d’eux. C’est un principe de réciprocité, comme avec le Tikiriko. Ironiquement, il semblerait que cette philosophie soit aussi à l’origine de l’extrême précarité de leur situation actuelle.

Devant une région conservée parfaitement vierge, les peuples pasteurs se sont progressivement installés. Les terres étant fertiles, cela ne semblait pas poser de problème, jusqu’à l’apparition de sérieux impacts environnementaux. L’agriculture, la déforestation pour la construction de maisons ou d’enclos, le surpâturage par des troupeaux trop importants mais aussi les prélèvements d’eau ont drastiquement et très rapidement dégradé le territoire. Les puits creusés par les peuples pasteurs pour les champs et le bétail drainent l’eau de la région et laissent peu de ressources pour les animaux sauvages. Si les animaux n’ont plus assez à boire et sont amenés à migrer, que deviendront alors les Hadzabés…

tirage photo sedentarisation chez les hadzabe de tanzanieOricho, sur la gauche, n’arrivant plus à nourrir sa famille, n’a d’autre choix que de se sédentariser. Au moment de notre rencontre il était dans sa première année d’agriculture, sans certitude sur la possibilité de récolte compte tenu de la sécheresse dans la région.

Face à la dégradation continue de l’environnement, les Hadzabés n’auront bientôt plus de territoire ou chasser et habiter. Ironiquement, alors même qu’ils ne sont à l’origine d’aucune dégradation environnementale, ils  ont été désignés protecteurs de la forêt dans le cadre d’un programme de compensation des émissions de carbone… Probablement voués à disparaître dans les années à venir après 50 000 ans d’existence, ils emporteront avec eux une richesse culturelle inestimable, un patrimoine humain témoin de nos origines et l’exemple d’un mode de vie paradoxalement visionnaire : une société et une économie parfaitement durables, peut-être parce que dénuées d’ambition, mais malheureusement pas assez fortes pour faire face a l’hégémonie humaine. Devons nous voir dans la situation dramatique de ce peuple, un reflet de notre futur à l’échelle de la planète et de l’espèce humaine ?

Nous n’avons vu chez les Hadzabés que l expression d’ un bonheur intense lorsqu’ils étaient simplement occupés par la chasse et la cueillette, prenant le temps d’apprécier et de partager chaque moment, presque au ralenti et toujours dans l’instant présent. Prendre le temps et savoir partager le présent et l’avenir avec la nature et sa communauté: une vision dépassée du bonheur ?  ou un véritable point de vue , un vrai regard d’ailleurs ?

tirage photo famille hadza chez les hadzabe de tanzanieFamille Hadzabé dans une hutte traditionnelle.

La connexion des Hadzabés avec la nature est si forte qu’ils ne se contentent pas de la respecter ; ils travaillent étroitement avec elle. Leur relation avec l’oiseau Honeyguide est fascinante: c’est l’une des aides mutuelles les plus développées entre un mammifère et un oiseau. L’oiseau, qui porte le nom de Tikiriko, appelle les Hadzabés avec un chant très particulier pour les guider vers le miel et les ruches. En échange, les Hadzabés laissent derrière eux  la cire comme une récompense pour l’oiseau. C’est la symbiose la plus développée connue entre l’homme et l’oiseau.

Pour récolter le miel, les Hadzabés grimpent souvent très haut dans les Baobabs. Ils construisent des marches en plantant des bouts de bois dans les troncs de Baobabs. Le danger évident ne freine pas les Hadzabés, si friands de ce nectar. Ils plongent la main directement dans les ruches pour récupérer le miel et utilisent la fumée d’un bâton brulé pour calmer les abeilles.

tirage photo en quete de miel chez les hadzabe de tanzanieUn homme grimpe au sommet d’un Baobab à l’aide de bâtons pour récupérer le précieux miel.

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